Stage Lucie
Sommaire
- 1 Structure du stage
- 2 Carnet d'observation
- 3 Missions
- 4 Ecrit d'étonnement
- 4.1 Yoann maître de stage
- 4.2 Première réunion : 19/02
- 4.3 Début de stage : je suis encore bénévole
- 4.4 Soirée du 5 mars
- 4.5 "Stage déjà fini ?"
- 4.6 Soirée du 12 mars
- 4.7 Première vraie réunion : 23/03
- 4.8 Missions données : missions exécutées
- 4.9 Mise en ligne de l’événement sur Facebook : 07/04
- 4.10 Dimanche 10/04, jour de deuil
- 4.11 Conclusion à mi-parcours
Structure du stage
L'asso en bref
L’organisation « Des Pieds Des Mains » est une association qui existe depuis bientôt quatre ans. Son but est d’organiser des événements culturels, basés principalement sur la musique (avec une grosse influence électro mais pas que… rock, reggae, chanson française trouvent aussi leur place), allant d’une simple soirée à un festival (dont la troisième édition se déroulera fin août). Le principal but de l’association est de redynamiser la Haute-Loire d’un point de vue culturel, à travers des événements musicaux, principalement basés sur Monistrol-sur Loire, Yssingeaux et alentours, et ainsi permettre aux jeunes altiligériens de participer à des soirées à proximité de chez eux, se retrouver et découvrir des artistes de la région. La jeunesse et le local sont au centre des préoccupations de l’asso car ce sont deux moteurs qui pourront influer et participer au développement et à la redynamisation du département car la Haute-Loire voit sa moyenne d’âge augmenter d’années en années…
L'équipe DPDM
Elle est constituée principalement de trois vieux copains (Romain le président, Titus le vice-président qui est également mon maître de stage et Geoffrey le trésorier). Ces trois membres fondateurs sont issus du milieu de la free-party (ce qui explique les influences électro) et faisaient déjà partie d’une association qui est dissoute à ce jour. Ils ont ainsi décidé de rentrer dans la légalité et créer une association déclarée, afin de toucher un public plus varié (pas simplement constitué de « teufeurs »). S’en est suivi l’intégration d’Arnaud (graphiste), de Laetitia qui est devenue secrétaire, puis de Mathieu qui faisait également partie du bureau. Néanmoins ces deux derniers ne font plus vraiment partie intégrante de l’asso, Mathieu a été congédié car il ne s’impliquait pas assez au sein de l’organisation et Laetitia a vu son temps de présence réduit avec l’arrivée d’un petit Eli (début juillet 2015), l’association recherche donc activement un/une remplaçant(e) à la secrétaire. Aucun membre n’est rémunéré, ils donnent tous un peu de leur temps libre à cette coopération, par plaisir et passion. On retrouve aussi de nombreux bénévoles actifs (une quinzaine), qui participent à toutes les réunions, donnent leurs avis et permettent aux membres du bureau de diminuer leur charge de travail. Avant mon stage je faisais partie de ces bénévoles (ce qui a permis à ma demande d’être plus facilement acceptée, sans aucun entretien ni lettre de motivation), mais maintenant je suis presque considérée comme un membre du bureau et participe aux réunions importantes.
Missions et rôles principaux attendus pendant le stage
A travers ce stage, j’ai diverses attentes, prendre part à la vie active de l’association, à l’organisation de ses événements, afin de vraiment découvrir son fonctionnement et ainsi pouvoir plus facilement répondre aux attentes des membres en matière de communication pour le festival « Sucs en Scène » dont la troisième édition verra le jour le 26 et 27 août prochain. J’espère également pouvoir soulager leur charge de travail et commencer à mettre en place des actions, réfléchir à des moyens qui leur permettraient de gagner en notoriété et en professionnalisme et ainsi de se faire mieux connaître par le public. J’espère aussi qu’ils parviendront facilement à m’accepter en tant que « professionnelle » et non plus simplement comme une amie, qu’ils verront que je peux leur apporter des connaissances (et inversement) et enfin qu’ils oseront faire confiance à une personne extérieur aux trois piliers créateurs de l’association.
Durée du stage
La durée du stage est établie sur trois mois, du début du mois de mars à la fin du mois de mai. Néanmoins, l'association ne pouvant me rémunérer, j'aurai quelques jours de coupures pendant cette période. J'ai dû reculer d'un mois la période du stage à la demande des membres de l'association. En effet, si ils ont accepté de me prendre en stage c'est surtout dans le but de les aider pour l'organisation des "Sucs en Scène" (le festival qui est le plus gros événement de l'année) se déroulant le 26 et 27 août, débuter un stage en février n'aurait servi à rien (rien qu'à ce stade je n'ai pas énormément de travail...).
Mais avec un peu de recul j'ai compris que l'équipe me solliciterait après mon stage, dans le même cadre mais plutôt en tant que bénévole (voire membre du bureau) afin de gérer la communication interne pour le festival, et divers points qui seront abordés par la suite.
tôt
Carnet d'observation
Petit cahier de brouillon
Je ne sais pas si c’est dû à mon côté plutôt nature ou mes études en art, mais je trouve un plus grand plaisir à coucher mes notes sur papier plutôt que sur un outil numérique, surtout si l’expérience doit être quotidienne, ainsi pendant ma période de stage, c’est un petit cahier bleu qui s’est vu attribuer le rôle de carnet d’observations. On remarquera également son côté pratique et léger, pas besoin de le recharger et transportable partout. Aussi, n’ayant pas eu de missions régulièrement, je ne peux décrire quotidiennement le travail réalisé. C’est pour cela que mes notes vont être retraduites à travers la rédaction de mes missions et de l’écrit d’étonnement qui vont suivre.
Missions
Mon état d'esprit actuel
En choisissant de faire mon stage dans l’association Des Pieds Des Mains, je savais que je n’allais pas travailler à horaires fixes, et que je devrai travailler seule et donc faire preuve d’autonomie (sauf exception comme lors de la réalisation d’affiches et de flyers avec le graphiste de l’association). Etant bénévole dans ce groupe depuis plus d’un an, je pouvais aussi facilement imaginer le monde dans lequel j’allais me retrouver. C’est donc dans un état d’esprit assez serein mais également pleine d’enthousiasme que je me suis lancée dans l’aventure.
Durant les premiers mois de mon stage j’ai pu effectuer différentes missions dans le monde de l’événementiel, découvrir les coulisses de l’association et le travail effectué afin de pouvoir offrir le meilleur au public et aux artistes participant aux soirées.
Mais j’ai aussi été un peu déçue du peu de travail qui m’a été demandé jusqu’ici. J’attends la prochaine réunion (qui arrive sans tarder) pour vraiment montrer à l’association ce que je pense pouvoir lui apporter et aussi que je n’ai pas peur de mon retrouver avec une charge de travail assez conséquente (j’espère seulement ne pas regretter avoir écrit ces quelques mots).
Les missions dont j’ai été chargée
Je vais vous présenter un résumé des missions que j’ai pu effectuer jusqu’à ce jour, certaines seront développées dans l’écrit d’étonnement. Je pense aussi pouvoir affirmer que mon aide au sein de l’association se prolongera après la fin du stage, une grosse partie des missions ne pouvant se faire trop à l’avance par rapport à la date du festival, le plus gros du travail se passera entre le mois de juin et le début du mois de septembre.
-Tout d’abord les réunions avec les membres de l’association (bureau ou bénévoles) qui m’ont permis d’aborder l’association sous un angle différent, et découvrir chacun plus «sérieux » qu’à l’habitude.
-Ensuite la distribution d’affiches et de flyers, une des tâches les moins instructives mais qui permet de faire des rencontres et de développer une approche différentes du public (se rapprocher de lui, prendre en compte ses demandes, etc.).
- Mon rôle de bénévole durant les soirées a été conservé mais avec plus de confiance de la part des organisateurs. Allant du catering, à la préparation de nourriture vendue pendant la soirée et la décoration de la salle, au service et accueil aux artistes et autres bénévoles, à la tenue du bar et des entrées et enfin au ménage après les soirées, je me suis donnée deux fois plus qu’à l’ordinaire, afin de prouver ma réelle motivation dans l’intégration de l’équipe.
- Le listing des journaux locaux (adresse, mail et téléphone) qui pourraient partager notre événement et avec lesquels il faudra organiser des conférences par la suite.
- La recherche de subventions accompagnée de la mise en place de dossiers, étape qui s’est avérée assez compliquée car les subventions doivent être demandées l’année qui précède le festival, néanmoins le budget total des dépenses a été fixé mi-mars. Il m’a donc fallu rechercher des alternatives.
- La recherche de sponsors est aussi une des missions qui m’a été confiée. Listing des entreprises qui pourraient être intéressées par le projet, qui pourraient participer grâce à un don d’argent ou un prêt de matériel. Tous les moyens sont bons pour essayer de réduire le budget dépenses qui tourne actuellement autour de 16000 euros (l’association n’ayant que très peu d’argent de côté, la somme nous paraît énorme…).
- La création d’un site web pour l’association est également un sujet qui a été abordé puis par la suite reporté à l’an prochain (à ma grande déception, principalement pour manque d’argent…), mais je suis persuadée qu’un site internet apporterait un côté professionnel et plus sérieux à l’association et augmenterait sa notoriété et sa popularité, j’ai donc entrepris différents schémas et vais débuter la réalisation de quelques interfaces qui seraient susceptibles de faire pencher la balance en ma faveur.
- Et enfin la recherche de soirées, ou lieux (tels que le BUL, le Keywest, etc.), sorte de démarchage des bars/boîtes, qui souhaiteraient faire jouer des membres de l’association et nous permettraient de mettre un peu d’argent de côté avant le festival.
Les missions que je vais effectuer
Je suis également chargée d’autres missions qui se dérouleront par la suite :
- Faire la mise à jour régulière de l’événement Facebook Sucs en Scène 3, tout en essayant de captiver le public pour le tenir en haleine jusqu’au festival, puis réfléchir à la création d’un compte Twitter (est-ce vraiment utile pour le milieu dans lequel nous sommes ? Plutôt un profil Snapchat mais pas tout-à-fait la même utilité).
- L’organisation de conférences entre les membres du bureau et les journalistes altiligériens (journaux papier ou web), afin de rendre le festival plus populaire, permettre aux gens de connaître l’association et faire parler du marché artisanal qui aura lieu le samedi en journée (car la fréquentation des années précédentes ne fut pas une réussite, moins de 20 personnes l’an dernier…).
- Je devrai aussi passer dans les radios locales, pour programmer des rendez-vous et si possible des interviews radiodiffusés visant à faire la promotion du festival.
- Je collaborerai avec Laetitia dans l’organisation du marché artisanal : prendre en compte les exposants, axer la communication sur cet événement afin d’attirer les habitants et touristes des villages alentours, faire en sorte que chacun soit satisfait de nos services. Cette collaboration m’aidera à anticiper les contraintes par rapport à mon projet qui serait, dans un premier temps, d’apporter un côté artistique au festival de l’an prochain, en organisant des expositions (peinture-photo), des performances et des pièces de théâtre en extérieur, qui pourront également améliorer la fréquentation de l’événement.
- Il me faudra gérer les préventes avec la FNAC et autres points de vente habituels, et établir une certaine stratégie de communication afin d’en vendre au maximum. Le plus compliquer sera de faire comprendre au public que 25 euros, pour un festival sur deux jours en Haute-Loire, avec une sélection d’artistes plus ou moins connus en fonction des goûts musicaux, n’est pas si cher que ça (malgré la fin des vacances et donc, pour certain, un compte en banque assez chétif après tous les excès dus à la gaieté et l’envie de profiter qu’entraîne l’été).
- Je serai aussi chargée de la communication interne entre les différents groupes (bénévoles, organisateurs, artistes, etc.), avant, pendant et après le festival.
- Il faudra également réfléchir à une thématique qui accompagnera le festival, du montage au démontage, afin de réaliser une after-movie qui suive un certain fil et soit cohérente.
- Je prendrai aussi part à l’organisation d’un autre événement : la fête de la musique à Monistrol-sur-Loire, l’association ayant une scène en centre-ville à disposition, nous allons travailler en collaboration avec la mairie, pour pouvoir offrir une scène électro aux jeunes (et moins jeunes) monistroliens.
J’ose espérer que tous ces projets et ambitions seront vraiment à la hauteur de ce qu’on m’a promis, car jusqu’ici je n’ai pas vraiment l’impression d’être entrée dans la vie active. J’aimerai avoir plus de travail et d’occupation dans les semaines à venir et pouvoir apporter un réel coup de main à l’association, afin qu’ils me laissent gérer certains points seule, qu’ils ne me considèrent plus comme une simple amie qui donne un coup de main, mais plutôt comme quelqu’un qui peut leur apporter certaines choses (et vice-versa). Je suis débrouillarde et n’ai pas peur de la difficulté, ni de me tromper, car, au final, le mieux n’est-il pas d’apprendre de ses erreurs pour pouvoir progresser ?
Ecrit d'étonnement
Yoann maître de stage
Ma seule appréhension avant de commencer ce stage était qu’il puisse manquer d’un certain sérieux, que les membres du bureau ne me considèrent pas à ma juste valeur et n’osent pas me charger de missions importantes, en effet je suis la première étudiante à venir leur proposer mes services à travers un stage de plusieurs mois. Mais je fus agréablement surprise de leur réaction pleine d’enthousiasme à l’annonce de mon projet. Par la suite Yoann dit « Titus », le vice-président, a décidé de devenir mon maître de stage, il souhaitait découvrir le monde dans lequel j’étudie et était attiré par l’idée d’avoir quelqu’un « sous sa responsabilité ». En dehors du stage, je n’aurai jamais pensé qu’il puisse être intéressé par un tel rôle, en effet lorsqu’on rencontre Titus on peut sentir que c’est une personne qui ne se prend pas la tête, c’est aussi un grand blagueur, qui, à bientôt 31 ans, continue de faire la fête tous les week-ends, presque toujours vêtu d’une casquette et de pantalons assez larges style baggys, une cigarette dans une main et ses platines dans l’autre, mais ce sont simplement des préjugés qui ressortent de son côté « soirée », en réalité c’est un homme simple, très à l’écoute, qui s’implique pleinement dans ses projets et est curieux de découvrir de nouveaux domaines afin de se cultiver. Ravie de découvrir cette nouvelle facette de sa personnalité je me suis lancée dans le stage, plus motivée que jamais.
Première réunion : 19/02
Avant que mon stage débute, le bureau a réuni les bénévoles de l’association afin de mettre en place le rôle de chacun pour l’événement Altilive qui allait avoir lieu le 5 mars. Grosse soirée en perspective avec la collaboration de plusieurs associations (Des Pieds Des Mains, Free mômes, MJC de Monistrol-sur-Loire, Lez’Arts AJT, etc.), pour la venue de Naksookhaw, Caravane Passe et Far Too Loud sur la grande scène puis de divers groupes ou DJ locaux qui joueraient pendant les inter-plateaux, afin de présenter une soirée de 20h à 3h du matin rythmée par de la musique non-stop. Ils ont également profité de cette réunion pour me présenter aux bénévoles et me souhaiter la bienvenue en tant que stagiaire. J’ai bien entendu eu droit à quelques « missions » assez ingrates ce soir-là, telles que découper les pizzas, servir à boire, etc. (sorte de petit bizutage de stagiaire qui qualifie assez bien l’ensemble du groupe : « on est là pour parler sérieusement, mais pas que. »).
Début de stage : je suis encore bénévole
Le premier mars, je reçois un appel de Geoffrey (le trésorier) qui me demande de passer chez lui, récupérer des affiches et flyers pour l’Altilive, afin de les distribuer un peu partout dans Saint-Etienne. J’en profite pour proposer à Marine (également bénévole dans l’association et faisant ses études à Saint-Etienne) de m’accompagner, le lendemain et aussi le jeudi soir, pour faire passer l’info au plus grand nombre de personnes. Le lendemain nous nous retrouvons à la terrasse d’un café, à prendre notre petit déjeuné au soleil, afin de prévoir un parcours à suivre, pour être le plus performantes possible. La journée commençait assez bien, le temps était de notre côté, ne sommes donc parties avec nous sacs à dos remplis, en centre-ville pour une distribution de flyers plus qu’efficace qui dura jusqu’à la fin de journée. A nouveau en place le jeudi soir, mais cette fois-ci avec du renfort (deux autres bénévoles que j’avais contactés dans la journée), nous nous sommes mis à aborder les gens en terrasses de bar où l’ambiance était susceptible de correspondre à celle de notre soirée. C’est dans ce genre de situation que la communication orale est importante, il faut être au point sur son sujet, même si dans certains cas l’improvisation était de mise car les responsables ne nous avaient pas transmis toutes les informations concernant l’Altilive... Toute la soirée je me suis prise au jeu de commerciale qui cherche à montrer tous les bons côtés de son produit afin de convaincre le plus grand nombre de personnes à venir. Je me suis même surprise à avoir autant d’assurance, d’un naturel souriant je savais que j’allais m’en sortir, mais au final j’ai vraiment apprécié l’expérience.
Soirée du 5 mars
Je ne vais pas décrire en détail les missions dont j’ai été chargé car elles se rapprochent plus du bénévolat que de mon stage. Mais j’ai pu observer pendant cette soirée que les autres associations comptaient beaucoup sur la nôtre, que ce soit en matière de préparation, de présence pendant la soirée et aussi de démontage et ménage de la salle, pourtant les Free mômes ou la MJC exerce dans l’événementiel depuis plus longtemps que notre association. La plupart d’entre nous (ici je me considère comme bénévole) se sont plaint du manque d’organisation, sans grande réaction de la part de nos « chefs », qui étaient, eux aussi, débordés. Je pense qu’on pourrait y voir un manque d’affirmation de nos membres, qui, sous la pression du stress, se sont soumis aux autres organisateurs qui eux, ne manquaient pas de confiance en eux. Le fait d’être constitués de jeunes a pu être perçu comme un manque de professionnalisme, alors que sans nous, cet événement aurait difficilement pu avoir lieu. Nous sommes tous des jeunes, certes, mais qui font preuve d’une meilleure volonté et de plus d’entrain à rendre la soirée appréciable pour le plus grand nombre. J’ai aussi pu constater (ou tout du moins c’est ce qu’ils ont laissé paraître) que ces habitués de l’organisation de soirées pensent qu’ils n’ont rien à apprendre d’une bande de jeunes, la seule chose qu’ils souhaitent développer c’est leur notoriété. Cette soirée s’est donc terminer sur de nombreuses fausses notes auxquelles nous ne nous étions jamais heurtés lors d’événement que nous étions les seuls à gérer.
"Stage déjà fini ?"
S’en est suivie une période d’une semaine où je n’ai eu aucune nouvelles, d’un point de vue professionnel, des membres de l’association. Je suis même venue à me demander si j’avais fait le bon choix en décidant de faire mon stage dans l’association. J’avais beau mettre à jour mon niveau de pratique sur les logiciels d’Adobe, ce travail était plutôt personnel et en rien enrichissant dans le cadre de mon stage. J’ai alors décidé d’appeler Geoffrey pour lui montrer que j’étais toujours là et que j’attendais qu’on me charge de missions à réaliser. Il m’a simplement dit qu’une réunion allait bientôt être organisée, dans laquelle ils me listeraient les projets sur lesquels ils souhaitaient me mettre, me mettraient à jour sur l’avancement des Sucs en Scène 3, mais que pour le moment ils n’avaient pas le temps. En effet, le 12 mars était prévue une autre soirée, avec une deuxième association (plus ou moins autorisée, dans le but de commencer à faire rentrer de l’argent dans les caisses en prévision du festival) ils étaient en plein préparatifs et ne souhaitaient pas vraiment me faire prendre part à cette organisation. Je sais qu’à notre niveau tous les moyens sont bons pour essayer de gagner un peu d’argent et je pense que c’est plutôt dans un geste "protecteur" qu’ils se sont débrouillés sans moi. J’ai alors réalisé un travail autonome, d’anticipation, en vue de ce que j’allais devoir effectuer. Comme me renseigner sur la manière d’aborder les entreprises lorsqu’on leur demande de nous sponsoriser, débuter la lecture de livres que j’avais achetés sur les publics des festivals, les méthodes de communication et stratégies pour impacter le spectateur, etc.
Soirée du 12 mars
Même si je n’ai pas participé à l’organisation de cette soirée, j’y ai quand même été conviée. Elle m’a permis de me rendre au plus près du public, afin de me renseigner sur l’avis que ces personnes portaient sur l’association maintenant que le mouvement free-party ne faisait plus partie de ses priorités. Après ce rôle d’observatrice (ou plutôt d’écoute), j’ai pu constater qu’un grand nombre d’entre les participants ne comprenaient pas comment, des personnes qui prônaient les soirées libres et gratuites il y a quelques années, puissent se retrouver à organiser des soirées payantes et des festivals à 15 euros (Sucs en Scène 2). D’une part je comprends leurs revendications mais j’ai aussi pu prendre part au débat en leur donnant ma vision des choses (qui correspondait à l’association). Ces personnes, pour certaines bloquées dans un mouvement anarchiste, contestataire, (je ne fais pas de stéréotypes de masse, seulement cette description correspond assez bien à certains de mes interlocuteurs), ont campé sur leur position en affirmant que l’association voulait simplement devenir commerciale et gagner de l’argent sur le dos de la musique. De mon point de vue, je pense qu’on peut aussi voir une certaine lassitude de l’interdit de la part des membres fondateurs, mais surtout une envie d’impacter un public plus grand, en vue d’une redynamisation du milieu local et ainsi une ouverture sur un public régional (puis peut-être national, qui sait ?).
Première vraie réunion : 23/03
Nous sommes mercredi, je reçois un appel de Romain (le président qui vit sur Saint-Etienne) qui dit qu’il passera me récupérer vers 17h pour la réunion qui se passera chez Geoffrey. Toute excitée, je me dis qu’enfin, je vais avoir un rôle dans l’association, qu’ils ont pris mes demandes de travail en compte et que j’allais obtenir une place plus importante au sein de la structure. Mon statut de stagiaire « décorative » allait se transformer en stagiaire active ! Arrivés chez Geoffrey nous sommes les premiers, il nous propose de nous installer sur le canapé et de prendre une bière (eh oui, ici pendant les réunions ils s’hydratent à la bière !). C’est tout-à-fait l’image que je me faisais de leurs réunions, sérieuses sur les sujets abordés mais assez décontractée aussi, à l’image de chacun des membres fondateurs de l’association. L’absence de stress est pour moi une qualité mais est limitée à un certain degré, mon maître de stage par exemple, ainsi qu’Arnaud le graphiste de l’association, sont beaucoup trop zen, nous les voyons débarquer mains dans les poches, sourire aux lèvres, avec presque 1h de retard… A ce moment-là j’ai retrouvé l’aspect que j’appréhendais avant mon stage, des personnages beaucoup trop détendus qui laissent presque entrevoir un certain « je-m’en-foutisme » (Arnaud devait nous présenter la maquette virtuelle de l’affiche, il est venu sans…). Ce comportement est régulièrement source de conflit dans l’association, entre Geoffrey qui est très carré dans ce qu’il fait et est de nature légèrement hyperactive et Arnaud qui est assez détendu (un peu trop peut-être), les tensions sont palpables. Néanmoins Titus et Romain sont là pour détendre les esprits et après quelques blagues la réunion peut commencer. Nous faisons un bilan des Sucs en Scène 3, artistes et bénévoles que nous accueilleront et budget et matériel dont nous auront besoin. Mon rôle principal sera de démarcher les entreprises, trouver des sponsors et aussi voir si nous pouvons postuler pour des subventions territoriales. En effet, la commune d’Yssingeaux (lieu où se déroulera le festival) n’a pas pu (voulu ?) participer aux dons cette année, elle a préféré subventionner un lycée yssingelais (d’une somme assez conséquente) pour la venue de Mickey 3D, pour un concert dans l’enceinte de l’établissement. On retrouve ici le manque d’envie de se plonger dans un projet de festival organisé par des jeunes, avec certainement de mauvais aprioris sur l’ambiance des festivals et la musique électro, même si la programmation sera plus variée et permettra d’apprécier différents styles de musiques (allant du punk-rock à la chanson française). Pendant cette réunion j’ai aussi pu leur faire part de mon avis par rapport au tarif des pass pour le week-end du festival, et également pu leur expliquer l’approche que je me faisais du public et de sa façon de penser. Ayant déjà vécu le festival des deux côtés (organisateur et public) je pense pouvoir leur amener certaines informations sur des détails qu’ils n’auraient pas forcément pris en compte. Par la suite j’ai pris notes de toutes les tâches que je devrai effectuer, et suis rentrée chez moi pleine de motivation pour les semaines à venir.
Missions données : missions exécutées
Pendant les deux semaines qui ont suivies j’ai effectué le travail demandé de mon appartement (comme pour les recherches de subventions qui se sont avérées infructueuses jusqu’ici, nous nous y prenons trop tard… mais le budget final du festival n’est établi que depuis quelques semaines…). Le fait de travailler seule permet d’être autonome mais j’aurai aimé être un peu plus suivie, cadrée, afin d’apprendre plus de choses venant des autres et non pas que par moi-même.
Mise en ligne de l’événement sur Facebook : 07/04
Quelle surprise jeudi après-midi de voir que l’événement avait été mis en ligne par un membre de l’association. Mais « double surprise » et celle-ci assez mauvaise, de voir que la description était pleine de fautes d’orthographe et que des mots avaient été oubliés ! L’événement a dû être créé rapidement (comme pour s’en débarrasser alors que j’aurai pu m’en charger et le faire consciencieusement). J’ai alors directement écrit à Geoffrey (qui est aussi l’administrateur du groupe) et lui ai demandé de m’identifier comme éditrice pour la page. Ainsi j’ai pu corriger les fautes d’orthographe, et je pourrai mettre à jour quotidiennement la page Facebook et faire des analyses en fonctions des statistiques disponibles sur le réseau social, pour optimiser la communication de l’événement et tenir les festivaliers en haleine jusqu’au mois d’août.
Dimanche 10/04, jour de deuil
En ce dimanche du mois d’avril, une mauvaise nouvelle nous est parvenue en début d’après-midi, un des bénévoles de l’association, Jean, 22 ans, qui participait à son fonctionnement depuis ses début, nous a quitté. Skieur hors-pair avec une passion pour les sports de vitesse (free ride et ski extrême), il avait profité de l’hiver pour partir faire les saisons en montagne, afin d’être au pied des pistes et de pouvoir profiter au maximum de la neige et des descentes pour préparer son examen de pisteur (qui aurait dû avoir lieu la semaine prochaine). Mais malheureusement le sort en a décidé autrement. Parti s’entraîner dimanche matin, avec deux autres saisonniers, il a dévissé d’une barre rocheuse et serait tombé de plusieurs dizaine de mètres… C’est un choc pour les membres de l’association, pratiquement tous skieurs et connaissant sa passion et son professionnalisme dans ce domaine. Nous savions bien évidemment qu’il aimait flirter avec les limites, c’était un « assommé » que rien n’arrêtait, mais qu’il connaissait les siennes et n’aurait pas mis consciemment sa vie en danger en échange d’une sensation forte.
Malgré les discordes qu’il avait pu y avoir les jours précédents au sujet du festival, l’annonce cruelle de cet événement a fait disparaître les tensions qui étaient palpables au sein du groupe, et nous rappelle à tous qu’il faut rester soudé. L’élan de tristesse qui a envahi l’ensemble du groupe s’est vu accompagné de sentiments forts, d’amitié et de solidarité. La décision est prise (sans avoir besoin d’être votée) nous réaliserons ce festival en l’honneur de Jean, sa bonne humeur et sa motivation, sans oublier son grand cœur.
Conclusion à mi-parcours
De jours en jour je me sens plus importante aux yeux de l’équipe, plus intégrée, ils portent plus d’intérêt à mon travail et à ce que je pourrai leur apporter. J’ai plus appris par moi-même que grâce aux autres, mais étant débrouillarde ce n’est pas un concept qui me dérange. Je me suis également cultivée à travers des articles ou reportages sur la thématique de mon stage et suis en train d’en apprendre beaucoup sur les festivals et leurs publics dans le bouquin d’Emmanuel Négrier, Les publics des festivals. Grâce à mon rôle d’observatrice j’ai eu une nouvelle approche des membres du bureau, pu observer quelques tensions dues surtout aux caractères différents de chacun et à des idées divergentes, ainsi qu’à une implication inégale dans la vie de l’association (comme lors de certaines soirées avec une préférence pour faire la fête et profiter plutôt que de tenir un poste qui a été attribué auparavant). Je compte également leur faire part d’autres projets qui pourraient développer Des Pieds Des Mains, comme par exemple la création de différents services pour les Sucs en Scène (organisation et agencement, communication, catering, etc.) et arriver à les convaincre que mon stage dans l’association leur aura permis de se développer.