Notre définition de Mauvaise Herbe
«Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.» - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.
Croissance démographique, pollution, gaspillage, surconsommation, maltraitance animale …
Toutes ces choses donnent parfois envie de quitter les villes pour s’installer en campagne et cultiver son jardin. Mais la ville n’est pas incompatible avec un mode de vie sain en harmonie avec la nature.
En effet, il est possible de pratiquer l’écologie dans le milieu urbain. Bien qu’il soit différent de ses analogues naturels, l’écosystème urbain est un milieu dynamique, où se rencontre une diversité d’espèces animales et végétales, qui œuvrent sans que l’on ne s’en rende compte pour notre bien être et notre survie.
C’est le cas des plantes. Même si ces discours donnent parfois envie de sourire, aujourd’hui nul n’ignore que c’est grâce à la forêt que l’on respire. Et ces plantes, aussi insignifiantes qu’elles puissent paraître, jouent des rôles fondamentaux, notamment dans la constitution des sols, dans l’attraction des insectes, dans la rétention des eaux, et aussi dans le design urbain.
Alors pourquoi s’obstiner à détruire ce que la nature produit pour nous rendre service ? Pourquoi ne pas concevoir les espaces urbains comme des espaces plus verdoyants ? Pourquoi ne pas laisser les mauvaises graines devenir de belles plantes ?
Pour cela il faut d’abord revenir sur un consensus de quelques définitions biologiques.
Qu’est ce qu’une mauvaise herbe ?
Tout d’abord il faut savoir que d’un point de vue biologique il n’existe pas de « mauvaise herbe ». Elles sont définies ainsi par l’homme quand elles ne sont pas directement exploitables dans l’agroalimentaire ou lorsqu’elles se développent là où l’on ne les désire pas.
Les herbes poussent quand les conditions nécessaires à leur survie sont réunies. Et comme chaque êtres humains après leur naissance qui débute à la germination de la graine, elles vont grandir, se métamorphoser, s’adapter, se reproduire et tout faire pour subsister jusqu’à leur mort.
Les plantes qui se trouvent en ville, sont dites généralistes, c'est-à-dire qu’elles ont un fort potentiel d’adaptation au milieu qui est normalement peu favorable à leur développement.
En effet, les sols sont pauvres en nutriments, les températures sont plus élevées, la composition atmosphérique est modifiée par les activités humaines et il y a peu d’insectes pollinisateurs.
Alors quand elles y parviennent il faut cesser de leur attribuer le nom de « mauvaise herbe » qui est incorrect.
En effet ces plantes citadines apportent trois catégories de bienfaits :
• Des bienfaits environnementaux : de manière générale elles abaissent le phénomène d’îlot urbain, permettent de stocker le CO2 responsable de l’effet de serre, perméabilisent et stabilisent les sols. Et de manière spécifique, certaines de ces plantes sont capables de dépolluer les sols, ont des vertus médicinales, sont exploitables notamment pour faire des cosmétiques ou sont comestibles.
• Des bienfaits humains : en assainissant le milieu, les individus ont une meilleure santé. Les espaces verts permettent de tisser des liens sociaux et de pratiquer des activités physiques.
• Des bienfaits économiques : la végétation permet une valorisation du bâti. L’économiste Erik Orsenna a écrit « C’est une question de lien social et la santé mentale… Il faut mesurer la richesse avec d’autres outils que le PIB, il faut y introduire des éléments de bien être, de santé, d’accomplissement »