Labels indépendants et majors concurrence et coexistence

De Learning Lab Environnements Connectés
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Mémoire Master 2 INCONU Juliette TRINCARD

Ébauche d'introduction

Ce mémoire est réalisé dans le cadre de mon Master et concerne la relation tumultueuse entre les majors et les labels indépendants. Amatrice de musique aussi bien alternative qu’issue du star system, j’ai eu envie de me poser des questions sur cette opposition au niveau de la production.

J’ai pu me rendre compte notamment des différences au niveau de la musique en elle même grâce à des stages dans des radios avec une programmation radicalement opposées. Radio Campus Clermont-Ferrand, une radio associative qui a parmi ses buts de découvrir et faire découvrir de nouveaux artistes et mouvements artistiques. Elle diffuse surtout de la musique considérée comme alternative. Ensuite, j’ai fait un stage dans le Group NRJ au sein de ses radios commerciales NRJ et Chérie FM diffusant des musiques du moment donc issues principalement des majors.

Mon travail s’articulera donc en partie grâce aux constatations que j’ai pu faire durant mes stages en rapport avec le monde de la musique mais aussi grâce aux informations que j’ai pu recueillir à travers des livres, des articles de presse, des rencontres et des publications sur internet.

La musique est le loisir préféré des français, elle occupe une place privilégiée dans la vie quotidienne de nombreuses personnes pour se détendre, s’évader, penser à autre chose ou passer le temps. Selon une étude Ipsos Média CT pour Sacem réalisée en 2014, 99% des français écoutent régulièrement de la musique et les trois quarts déclarent « ne pas pouvoir s’en passer ». Un temps d’écoute, avec une moyenne de 2 heures 25 minutes par jour, qui peut se faire tout au long de la journée, au moment du réveil jusqu’au coucher.

La dématérialisation de la musique avec l’entrée dans l’ère numérique a multiplié les moyens pour consommer de la musique et a changé les habitudes de consommation ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie musicale. Les consommateurs sont moins désireux de posséder des supports physiques même si 64% des français écoutent la musique sur CD. La musique s’écoute partout grâce à des possibilités d’écoute multiples : plateformes de streaming, smartphones, autoradio, radio, télévision, baladeurs, CD, téléchargement ou encore les vinyles de nouveau à la mode.

Face à cette consommation importante, le marché du disque est très sollicité et concurrentiel. Notamment au niveau de la production où deux types de structures se côtoient les firmes et les petits producteurs.

Les firmes appelaient plus communément les majors sont des grosses compagnies au départ spécialisées en technologie de l’enregistrement du son qui se sont diversifiées jusqu’à détenir, dans le domaine de la production de musique, la majorité des parts de marché. Elles se partagent près de 75% du marché mondial de l’industrie du disque. Ainsi pour les majors le disque n’est qu’une branche de leurs activités. Ils coordonnent ainsi toute la chaîne de production de la musique, de l’enregistrement du disque à sa diffusion puis à sa vente, évitant les intermédiaires et maximisant les profits.

En parallèle, il existe des petits producteurs appelés labels indépendants, qui ont pour points communs l’absence de leadership dans les techniques d’enregistrement sonore et par définition de n’être pas intégrées à une major. Le plus souvent, les indépendants ne sont présents qu’au stade de la production et, éventuellement, de l’édition phonographique. Les labels indépendants sont donc fréquemment dépendants d’une major pour la distribution des disques de leurs artistes. Quelques-uns possèdent toutefois leur propre réseau de distribution. En France, sur plusieurs centaines de labels indépendants, seule une demi-douzaine réalise un chiffre d’affaires supérieur à 15 millions d’euros, une cinquantaine dépassant 1,5 million d’euros.

Même si elles sont différentes structurellement et que les majors ont un avantage économique et technologique, on observe une concurrence certaine entre elles. Les majors gardent constamment un œil sur le travail des indépendants en particulier ce qui concerne leur travail de découvreur de talents contribuant à une diversité musicale sur le long terme et à grande échelle.

L’opposition entre les majors et les indépendants a commencé dans les années 50 avec l’apparition du rock’n’roll et du « star system ». Les producteurs indépendants aux EtatsUnis ont été les premiers à estimer ce nouveau genre musical et à le financer. Ainsi Chess Records, un label indépendant de Chicago a publié en 1951 Rocket 88 d’Ike Turner et les Kings of Rhythm considéré comme le premier disque de rock’n’roll. Puis Sun Records a publié les cinq premiers disques d’Elvis Presley. Pendant ce temps les majors travaillaient sur des créneaux musicaux considérés comme porteurs tel que la musique country, le jazz et le blues. Ils ont laissé champ libre aux indépendants leur permettant en 1958, de produire 60% des hits du marché américain. Pour atteindre ce marché, les majors ont créé par la suite des sous-labels qui vont contribués à la mondialisation de ce secteur.

A partir de là, le marché de la musique enregistrée s’est modifié, les multinationales sont apparues occupant des positions de leaders sur le marché du disque. Peu à peu, elles ont constitué un oligopole. A côté des petites structures ont toujours existé mais leur poids économique reste faible. Pour la plupart des gens les majors dominent le marché du disque et produisent des hits, tandis que les indépendants « ramassent les miettes ». On peut se demander quelle relation les majors et les indépendants entretiennent ils vraiment ? Sont-ils concurrents ? Se complètent-ils ? Sont-ils nécessaires l’un à l’autre ?

Nous allons donc voir : Comment dans le milieu concurrentiel de l'industrie musicale, majors et indépendants coexistent-ils ?

Introduction aux parties abordées

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais d’abord délimiter le terrain de recherche en analysant le marché oligopolistique du disque afin de mieux appréhender et comprendre le rôle des majors et des indépendants. Nous allons voir les différents acteurs de ce marché en reprenant les étapes de l’élaboration d’un disque et le cadre juridique spécifique de l’industrie musicale : les droits, les organismes qui les gèrent et les contrats. Nous découvrirons un marché oligopolistique et concentré.

Après l’analyse du terrain, nous consacrerons une partie aux majors et aux labels indépendants. Nous verrons leur fonctionnement et leurs activités plus en déta ils afin de mieux comprendre les enjeux et les finalités de chacun. Puis nous analyserons la relation entre ses deux acteurs qui entretiennent des relations complexes entre complémentarité et antagonisme.

Nous allons voir également s’il y a des disparités ou des similarités entre les publics cibles des majors et des labels indépendants qui pourraient expliquer en partie qu’ils coexistent.

Pour cela, nous allons étudier les modes de consommation de la musique qui sont très variés et qui ont progressé avec l’avènement du numérique. Comment ils la consomment ? Quelles sont leur attentes ? Comment ils la découvrent ? Quel genre de musique ils écoutent ? S’ils distinguent les musiques issues des majors et des indépendants ? Afin de mieux appréhender les habitudes de consommations des individus, en plus de recueillir des informations à travers des études sur la consommation de la musique, je vais réaliser une enquête par questionnaire pour faire ressortir des profils de consommateurs.

Enfin nous allons voir si le numérique en plus d’avoir un impact sur les moyens de consommation a un impact direct sur l’activité des majors et des indépendants. Nous verrons ses conséquences : au niveau de la production, de la distribution et de la communication : quels nouveaux enjeux soulèvent la dématérialisation ? Quelles sont les nouveaux canaux de distribution ? Et ce qu’apporte la dimension sociale du web.

Nous verrons ainsi si le numérique apporte une certaine égalité et un équilibre entre ses deux acteurs.