COMMUNIQUER LE JAZZ

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MEMOIRE MASTER 2 InCoNu IRAM

Passionnée

Passionnée par le jazz et les musiques du monde depuis mon plus jeune âge, je ne me lasse pas de partir à la recherche de nouvelles créations musicales et de nouveaux artistes par le biais des sessions live comme les festivals et les concerts, et également grâce à la multitude que nous offre le World Wide Web. Lorsque l’on est passionné, on a envie de faire partager sa passion, ses émotions, et de faire connaître au plus grand nombre ce qui nous apparaît comme extraordinaire, magique, fabuleux, ce qui nous met presque dans un état autre. On souhaiterait faire partager ce que le jazz nous fait vivre, cette expérience qui nous fait vibrer. Et le jazz est une musique de partage, puisque conçu pour être joué en public.


Constat

Or, il s’avère que le plus souvent, lorsque l’on aborde le sujet du jazz, cela suscite peu d’enthousiasme autour de soi, sauf à être entre amateurs. Le mot même de “jazz” semble rebuté, effrayé et il est fréquent de s’entendre dire en retour que le jazz est une musique d’un autre temps, qu’il n’y a que les “vieux” qui écoutent cela, que c’est dépassé. Cela me fait mal de voir que ce, ces jazz(s), devrais-je dire, au regard de la richesse existante, sont si méconnus , et que seul le Petite Fleur composé en 1952 par Sydney Bechet, (quand ça n’est pas le Blueberry Hill, balade blues de 1940 de Fats Domino) semble faire écho auprès du grand public en tant que référence “jazz”. Pourquoi des artistes talentueux de la jeune génération du jazz, tel que Robert Glasper( - très loin de Bechet dans le style, puisqu’il joue aussi avec les rappeurs Imo, Mos Def, avec la reine de la Neo Soul Erykah Badu et autres Maxwell, et utilise dans sa musique le vocoder, qui fait flirter son jazz classique hérité des bancs de l’église et de la prestigieuse New School for Jazz and Contemporary Music à New-York, avec le hip-hop et le R&B), ne comptabilise que 880 000 vues sur YouTube avec son album hybride jazz-hip-hop-R&B Black Radio, alors que Maître Gims, idole des jeunes en France, est à plus de 200 millions ? <ref> Sources Wikipédia : le chanteur sud-coréen Psy est le premier artiste à dépasser le milliard de vues avec son titre Gangnam Style, puis deux milliards le 31 mai 2014. Papaoutai de Stromae est le première vidéo francophone à atteindre les 200 millions de vues fin octobre 2014, suivie par Bella de Maître Gims qui dépasse le même cap. A l’internationale, ce sont les vidéos de Katy Perry, Rihanna, Justin Bieber, One Direction, Bruno Mars, Taylor Swift, David Guetta et Pitbull qui dépassent les 300 millions de vues </ref>


L’écart est indéniable et se creuse encore si l’on prend les chiffres des grandes stars internationales ou de certains tubes planétaires éphémères, mais efficaces d’un point de vue marketing. Le géant du streaming musical en ligne Spotify <ref> Source : néonmag.fr : http://www.neonmag.fr/quelles-musiques-ecoute-t-on-le-plus-en-france-a431472.html </ref>: , a mis au point une carte interactive des mille plus grandes villes à l’échelle mondiale, permettant de savoir quelle est la playlist la plus écoutée à tel ou tel endroit (attention, « il ne s’agit pas d’une liste des artistes les plus écoutés » avertit Marine Elgrichi, directrice de la communication de Spotify France. « Nous combinons le nombre de fois qu’une chanson est écoutée localement et mondialement. Nous voulons faire ressortir les morceaux spécifiques à chaque ville, la préférence locale. Avec ce système, un morceau peut être peu écouté mondialement, mais être très écouté dans un secteur bien précis »). Toujours selon néonmag.fr, l’analyse de plusieurs playlists sur le sol français, nous apprend que le rap tient le haut du pavé dans l’hexagone, avec cependant des divergences selon les territoires (on écoute moins de hip-hop à Paris et à Bordeaux, plus orientés electro). Lorsque l’on regarde de près les classements des plus grands succès musicaux pour l’année 2014, même en prenant plusieurs références, jamais un morceau de jazz n’apparait dans les 100 premiers. Sur les 19 millions de pages d’artistes recensées sur MySpace, seulement 226 050 pages sont celles d’artistes de jazz, soit 1,2% (source IFPI mai 2009). Le jazz reste également discret sur les labels participatifs. Comment trouver le jazz dans le paysage musical actuel ? Où est-il ? Pourquoi n’est-il pas visible alors qu’il existe bel et bien. « Nous sommes certainement plus présents que les chiffres ne le laissent croire », assure Bruno Tocanne <ref> “Le Jazz à l’ère de la culture numérique et de la dématérialisation”, lors de JAZZ FORUM EN RHONE-ALPES Mercredi 09 & Jeudi 10 Juin 2010 Organisé à l’initiative de JAZZ(s)RA & du festival Fort en Jazz Complexe L’IRIS (Francheville, 69), Rédacteur : Gildas LEFEUVREI. </ref>, artiste musicien. La visibilité du jazz est donc mise en question.

Après ce premier constat, plusieurs interrogations vont émerger

Pourquoi le jazz est-il si peu connu du grand public? Pourquoi donne-t-il une image dépassée, peu attirante alors que le panel proposé est plus que vaste ? Pourquoi les artistes de jazz ont tant de mal à se vendre ? Rencontrent-ils des difficultés plus spécifiques par rapport à leur style musical ? Qui est le public du jazz ? Pourquoi les musiques les plus populaires ont autant de public ? Comment ces musiques populaires sont communiquées ? Comment les choses sont transmises au public ? Quelles sont les stratégies mises en place par les producteurs, les diffuseurs et autres acteurs de l’industrie musicale des styles musicaux les plus écoutées ? Ces stratégies sont -elles différentes selon le style musical ? Y-a-t-il une norme ? Les supports utilisés pour communiquer sont-ils les mêmes selon le style musical ? Les labels majors et indépendants travaillent-ils de la même façon ? Comment la promotion d’un artiste se met-elle en place selon son style musical ? Comment mieux faire connaître le jazz au public néophyte ? Comment mieux communiquer le jazz ?

De toutes ces questions vont émerger des hypothèses

On peut établir les hypothèses suivantes :

  1. Certaines personnes sont plus attirées par un style musical plutôt qu’un autre. Cela vient-il du milieu socio-professionnel, de l’origine culturelle, de l’origine géographique ? Par exemple, en quoi le public du rap, ou du rock, diffère-t-il du public du jazz ? Il faudra donc s’attacher à comprendre qui est le public jazz. Comment le public du jazz en est arrivé à écouter du jazz ? Est-ce un public spécifique et en quoi l’est-il ?
  2. Le jazz est un style musical très peu connu. Il semble que le public ait du mal à l'aborder. Alors même que le jazz est une musique conçue pour être jouée en public, un paradoxe se présente : il semblerait que la relation entre le musicien de jazz et le public ne soit pas si naturelle qu’il n’y paraît. Le jazz semble avoir du mal a toucher les non initiés. Dès lors se posera la question de la transmission et de la façon d’éduquer à la musique globalement, puis plus particulièrement au jazz. Quelle médiation entre la production de la musique jazz et la réception par le public?
  3. Selon les styles musicaux les publics ne sont pas les mêmes. Dès lors, on peut supposer que l’industrie musicale ne fonctionne pas de la même façon selon la musique abordée et les publics visés. On peut supposer que cela ne requière pas les mêmes modalités de communications. Les messages devraient différés et donc être construits en fonction de la diversité des récepteurs. Si le public du jazz est spécifique, alors on peut penser que la communication qui souhaite l’avoir pour cible, doit être en corrélation.

Qui est l'amateur de jazz?

Une fois l’amateur de jazz cerné, on pourra déterminer quelles sont ses attentes, quel est son mode de fonctionnement et ses spécificités, et ainsi tenter de proposer une communication spécifique au public du jazz.

Méthodologie et sources de travail

Pour mener à bien ce travail, je vais devoir me documenter sur le sujet avec des lectures : d’ouvrages théoriques, de documents et rapports de travail, de documentaires audio :

COMMUNIQUER_LE_JAZZ_Bibliographie

En plus de ces apports théoriques, je vais également devoir me rendre sur le terrain, pour rencontrer à la fois les publics et les professionnels du métier (salles de spectacles comme Le Fil - qui offre un panel musical large et de qualité, les festivals et structures jazz tels que Rhino Jazz, Gaga Jazz, Jazz À Vienne, le conservatoire de St Etienne et sa “Jazzerie”, des maisons de production, des musiciens, ...). Je pourrai ainsi, en organisant des entretiens, des enquêtes et des questionnaires, recueillir diverses informations, avis et comportements qui m’aideront à répondre à mes interrogations, puis à répondre à ma problématique.

Problématique

Si je comprends ce qu’aimer le jazz signifie, si je comprends qui est l’amateur de jazz, qui est le public jazz, alors je pourrais le cibler et créer un dispositif spécifique pour rendre le jazz plus visible, pour communiquer le jazz.

Proposition

Mon mémoire pourrait donc s’intituler : Communiquer le jazz Il pourrait s’axer autour de trois parties :

  1. Le public du jazz
  2. La transmission de la musique dans notre société, et plus particulièrement celle du jazz
  3. Un mode de communication spécifique


<references />