Stage Fatma
Sommaire
Fragil.org
Le projet éditorial
- L'association Fragil est une structure d'éducation aux médias, basée à l'une des trois Fabriques de la métropole nantaise, aux Dervallières.
- Le mag, quant à lui, existe depuis une douzaine d'années. Il est à vocation participative, collaborative ; en dehors des salariés, stagiaires et journalistes en résidence à Fragil, les contributeurs, ou collaborateurs externes, sont amenés à faire voir aux lecteurs un autre regard sur l'actualité de leur ville et de ce qui se fait de plus pertinent, et de moins médiatisé.
- Le projet éditorial ; magazine en ligne, documentaires, gazette et affiches- reste dans l'esprit Do It Yourself ("Fais-le toi-même"), faisant appel aux différentes compétences des bénévoles producteurs de contenu, à décliner sur plusieurs supports, notamment numériques et papier.
- Les actions d'éducation aux médias se font auprès de publics jeunes et moins jeunes, d'écoles, de centres de réinsertion professionnelle, de maisons de quartiers... Les nombreuses collaborations avec d'autres ONG nantaises comptent parmi les actions à l'impact le plus large, compte-tenu des interventions souvent sollicitées lors d'événements autour de thèmes socioculturels regroupant plusieurs associations de la ville.
Le projet associatif
Médias, culture, éducation
Le projet de Fragil se situe à la croisée de plusieurs dimensions : les médias, la culture et l’éducation. Avec les moyens du bord, une aventure collective a transformé les projets de départ en réalité. Désormais l’équipe éditoriale du magazine Fragil se compose d’une soixantaine de contributeurs bénévoles chaque année. Le magazine s’est professionnalisé et forme les contributeurs aux pratiques journalistiques, aux usages du numériques et des différentes questions relatives à la scène médiatique d'aujourd'hui.
A atteindre
- Le programme "Les journalistes en résidence" a été élaboré dans l'optique d'apporter une lecture "autre" de la microsociété nantaise, de la politique de la ville, du paysage médiatique et associatif nantais et de l'actualité culturelle de manière générale, avec la résidence d'un journaliste étranger au sein de l'association et de la revue.
- Dans le cadre de la crise intergénerationnelle que traverse, une fois de plus, la société française, propageant une fissure entre les élus, les acteurs associatifs et politiques, les habitants et particulièrement les jeunes, Fragil a entrepris de commémorer les émeutes de novembre 2005, au caractère particulièrement violent, qui avaient touché le pays en entier. Les contributeurs (stagiaires, services civiques, salariés) se partagent donc la tâche de réunir autant de données possibles sur les circonstances, les tensions et le traitement de l'éclatement de la frustration de la jeunesse française cette année-là. La rédaction estimant que la couverture médiatique s'était surtout axée sur le plan nationale sans pour autant s'approfondir au niveau régional et local, le projet d'un webdocumentaire portant sur le sujet a donc vu le jour.
Les contributeurs travaillant sur ce projet essayeront d'aborder les différents aspects des émeutes, l'environnement avant-après, les initiatives des quartiers/banlieues, théâtre des événements les plus violents des émeutes en question. Etant située aux Dervallières, quartier de l'ouest de la ville, réputé pour la diversité de sa population et ayant une histoire tumultueuse avec les politiques de la ville depuis des décennies, Fragil compte soulever les questions que personne n'a plus osé poser depuis une dizaine d'années sur l'avenir et le présent des quartiers.
Missions et travaux
Magazine
Case-Bulle : chronique dessinée hebdomadaire -à paraître sur la revue- dévoilant mon regard sur une actualité ou un sujet que je choisis librement. Généralement j'essaie de soulever des questions peu traitées dans les médias locaux, ou bien de proposer une lecture différente de l'actualité. Mes thèmes de prédilection portent le plus souvent sur la société et des questions sociales ou médiatiques. Le but de cette initiative personnelle est de m'exercer au reportage dessiné en vue de productions plus construites et consistantes.
- J'ai réalisé ma première chronique dessinée à mon retour du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, qui s'est déroulé du 28 au 31 janvier 2016. Profitant de mon départ pour le festival, juste avant de commencer mon stage, ma (encore future) chef de rédaction m'a proposé de me faire une accréditation presse pour que je puisse faire un reportage sur un sujet que j'aurais choisi : j'ai naturellement opté de traiter de l'absence d'auteurs femmes dans la sélection officielle du Grand Prix, scandale de l'édition 2016 du FIBD. J'ai ensuite réalisé une bande dessinée "retour sur expérience", créant ainsi la rubrique "case-bulle", et un reportage plus élaboré, dans lequel je me suis entretenue avec des auteurs et des éditeurs de bandes. Le fait que ma tutrice me propose déjà du travail avant d'entamer la résidence m'avait ravie et motivée pour travailler, il était presque question de faire mes preuves, faire bonne impression, dès la première mission. Cela a aussi été une première concrétisation de l'un de mes projets en France, que de faire le FIBD d'Angoulême, même en tant que journaliste, en attendant d'y être conviée comme auteur.
- La rédaction a ensuite voulu orienter la rubrique dessinée vers une série de chroniques de la société française, à travers "mon regard d'étrangère". J'ai décliné la proposition car il est souvent difficile d'apporter sa lecture des choses du quotidien sans tomber dans le comparatif de clichés nationaux, surtout que je m'intéresse plutôt à la société dans un sens plus étudié, plus soutenu. C'est dans cette logique que ma chronique a commencé à explorer l'actualité, nationale ou internationale, peu traitée dans les médias traditionnels nantais et français. J'ai donc construit mon second reportage dessiné à partir d'une actualité qui semblerait anodine en France mais qui a un retentissement extrêmement important en Algérie et au sein des communautés Amazigh de l'Afrique du Nord : le parlement algérien a reconnu, le 6 février, la langue Kabyle comme une langue officielle du pays, secondant l'arabe et le français. Je me suis donc intéressée de près à ce premier pas dans la concrétisation d'un lutte identitaire de près d'un demi siècle, du peuple originel de l'Afrique du Nord. Comme le contexte est très différent en Tunisie, je me suis entretenue avec un ami dessinateur de presse algérien kabyle, luttant entre autre pour cette même cause, et en agrémentant mes informations avec des conseils d'un Sahraoui marocain que j'ai rencontré à Nantes.
- Ma rencontre avec une assistante sociale travaillant avec des réfugiés irakiens de mon âge a donné naissance à ma troisième chronique ; m'étant proposée pour faire office d'interprète bénévole auprès des jeunes réfugiés, ne parlant pas encore français et très moyennement anglais, j'ai décidé de témoigner de mon expérience de traductrice simultanée lors des rendez-vous officiels et des échanges plus informels. Cette démarche volontaire au départ m'a fait prendre connaissance de la situation que vivent d'autres jeunes du monde arabe. Notre langue, patrimoine culturel et valeurs communes nous ont permis d'échanger sur des sujets tels la liberté d'expression, l'immigration, les médias, la politique ou la société, ce que je prévois d'exploiter dans des papiers à venir sur le magazine.
- Depuis début mars, la rédaction de Fragil a dédié plusieurs Unes aux mouvements de contestation de la Loi ElKhomri relative au code du travail. Ma dernière chronique est naturellement complètement d'actualité. Avec les deux services civiques de la rédaction, nous nous sommes répartis la couverture des manifestations du mois de mars à tour de rôle, j'ai choisi de participer, en observatrice, à celle du 31 mars, marquant la première Nuit Debout nantaise. J'ai accompagné des journalistes, des photographes et des syndicalistes et ai tweeté ce qui me paraissait pertinent toute la journée. Je me suis ensuite basée sur mes tweets de la grève pour écrire le scénario de ma première manifestation française, relevant les différences et les similitudes que j'ai pu noter par rapport aux manifestations tunisiennes que j'ai bien connues.
Education aux médias
Participer, sinon proposer, sur les actions d'éducations aux médias menées en collaboration avec d'autres acteurs associatifs de la région. Ateliers de productions médiatiques, d'initiation aux usages du numérique ou découverte des sous-cultures du web ; les thèmes se suivent et les publics différent d'un projet à l'autre.
- Le chargé de projets médiatiques gère les ateliers d'éducations aux médias ; l'association en organise souvent au sein d'écoles et de lycées, de centres sociaux et de maisons de quartiers. Le projet qui m'a le plus marquée jusque-là, et qui a marqué le début de mon travail avec des enfants, a été la réalisation d'un conte numérique avec des élèves d'écoles primaires des communes d'Ancenis et Teillé, aux alentours de Nantes. En collaboration avec l'association Annexe , qui se spécialise dans la médiation de la lecture et l'écriture, nous avons mené tout au long des mois de janvier, février et mars, chaque semaine, des ateliers de réécriture du conte Alice aux Pays des Merveilles, auprès des élèves de CM2 des écoles Madame de Sévigné à Ancenis et Jacques Demy à Teillé. Encadrés par leurs professeurs et par les intervenants de l'association Annexe, les élèves ont réinventé le conte de Lewis Carroll à leur guise, en imaginant de nouvelles créatures fantastiques, en attribuant des rôles à chacun d'entre eux et en adaptant les décors du conte à leurs endroits préférés de leurs communes. Notre association a intervenu dans la production audiovisuelle illustrant les histoires des élèves, processus durant lequel ils se sont amusés à jouer aux comédiens, aux cadreurs, aux techniciens sons et aux réalisateurs. Nous avons monté l'ensemble des enregistrements vidéos et sonores pour en faire des séquences distinctes. Je me suis chargée personnellement d'illustrer les histoires en créant des profils basés sur les désirs des enfants. Personnages, décors, créatures ; en me basant sur les croquis des élèves et en nous concertant ensemble, chaque semaine, par groupes, j'ai produis les génériques respectifs de chacun des contes. La restitution finale a eu lieu à Ancenis le 29 mars : les élèves des deux écoles ont présenté leur travail aux autres groupes, en la présence de membres du conseil régional de l'enseignement, qui finance le projet.
- Comme cité précédemment, Fragil collabore souvent avec d'autres structures associatives du quartier des Dervallières ou de la ville en général, sur des projets à ampleur variable. Aux Dervallières, le quartier a une résonance importante chez les habitants, anciens et nouveaux. La notion de quartier est très prononcée dès lors que l'on constate les moult structures éducatives qui y résident, la Maison de Quartier aux activités diverses et constantes, le magazine du quartier Couleurs Locales et le Pôle scientifique et sportif avec ses salles dédiées aux activités sportives et sa bibliothèque. Les Dervallières est aussi un quartier à très forte composition d'habitants "issus de la diversité" comme le veut le politiquement correct. Des ouvriers, des travailleurs, des familles ou des étudiants immigrés depuis les trente glorieuses, ayant été regroupés dans des ghettos préconçus et qui ont trouvé refuge dans la solidarité interimmigrés de l'époque. Dans ce contexte, l'association locale Babel 44, qui consacre son activité à l'enseignement de la langue française à de jeunes étrangers, scolarisés en France depuis peu, ou des travailleurs étrangers ne maîtrisant pas la langue, a organisé une activité destinée à des collégiens étrangers, qui a eu lieu durant les vacances de Pâques. Le projet, intitulé "Entre les lignes", a mené à initier les participants aux techniques journalistiques et au jargon médiatique français, en ls faisant retracer les parcours de migration de quelques habitants du quartiers qui se sont portés volontaires pour le projet. En la présence de leur professeur bénévole et avec notre encadrement, les collégiennes ont défini d'abord quelques notions relatives à la migration, fait le récit de leurs propres parcours et débattu des valeurs qui représentaient le plus et le moins leur pays d'adoption. Tour à tour, elles ont ensuite interviewé les habitants venus à la Fabrique rencontrer les reporters en herbe et partager leurs histoires à travers des objets symboliques qu'on leur a demandé d'apporter, des airs de musique et des anecdotes lors de leur première venue en France. J'ai encadré les post-productions des jeunes, qui ont dû illustrer les témoignages recueillis en bandes dessinées/ storyboard chronologiques. J'ai aussi eu la mission de réaliser les illustrations relatives aux activités d'initiation au champs lexical de la migration et de l'immigration.
- Programmer des LunDIY, ces rendez-vous bi-mensuels auxquels sont conviés les contributeurs de la revue et la "Fragilosphère", nom attribué à la communauté de l'association. Ces rendez-vous se font autour des thèmes des pratiques numériques, des médias alternatifs, de projets éducatifs ou éditoriaux, et prennent place à la Fabrique Dervallières ou ailleurs en ville, dans une atmosphère décontractée et fidèlement DIY.
Choisir un angle et contribuer sur le webdocumentaire traitant des émeutes de novembre 2005, spécifiquement à Nantes. Ma mission sera de traiter la couverture médiatique de l'époque des événements au niveau local.
Elaborer un projet de résidence journalistique et le présenter à la communauté de Fragil à la clé de la résidence. Mon projet de stage/de résidence tentera de dresser une cartographie des médias collaboratifs et associatifs de la métropole nantaise ; résider deux jours par semaine au sein d'un média présélectionné et faire le point ensuite des enjeux que courent ces médias, de la situation actuelle et à venir et des attentes du public nantais.
Rencontrer le plus possibles d'acteurs politiques et associatifs locaux, tisser des liens pour l'association en vue de collaborations potentielles et/ou futures.
Missions personnelles
- Collaborer sur des projets reportant sur l'héritage de la diversité, sur les luttes contre les discriminations sociales, territoriales et économiques, avec des structures locales travaillant sur ce front-là.
- Proposer des collaborations dans des revues dessinées, de tribunes presse, de reportages ou de recueil de parole, de traduction simultanée auprès d'étrangers en voie d'insertion, d'organiser des ateliers caricatures/portraits libre..
- Intervenir dans des conférences sur les thématiques du dessin de presse, de la question de l'identité, de la condition des immigrés/étudiants ou travailleurs étrangers en France, de la représentation féminine dans les médias..
- Participer au plus possible de festivals dédiés au dessin de presse et à la bande dessinée, rencontrer d'autres dessinateurs de France et d'ailleurs.
- Candidater à des écoles de journalisme françaises réputées et à Sciences Po, spécialité journalisme, en vue d'une formation continue en Master et d'une immersion dans la scène médiatique française, au niveau national.
Ce que j'ai acquis
Du fait de travailler souvent avec des jeunes, voire des enfants et des tous-petits, j'ai pu développer certaines aptitudes communicationnelles dont je ne soupçonnais pas l'existence. J'ai toujours eu du mal à interagir avec des enfants, mais réussir à les intéresser à des sujets "d'adulte", comme les questions de société, de liberté d'expression, d'identité multiple, au moyen des productions médiatiques et des ateliers dessinatoires que l'on organise avec eux a été le plus grand défi que j'ai pu rencontrer jusque-là. J'ai aussi constaté que le dessin était l'un des meilleurs moyens de briser la glace, étant bloquée moi-même face à des enfants pour le peu extravertis. Intégrer leur manière de considérer les choses du quotidien dans mon travail m'a inspirée pour énormément de projets éventuels.
Je tente également de m'intéresser à d'autre formats journalistiques, auxquels j'ai été exposée pendant ma formation à l'IRAM. J'essaie d'appliquer ce que j'ai reçu, en explorant de nouvelles formes de productions, me basant sur mes compétences pré-établies et collaborant avec des contributeurs de l'association, aux intérêts différents et complémentaires.