L'Open Edition, nouvel avenir pour le livre ?
On le sait tous, l'arrivée des technologies numériques et d'internet ont bouleversé le monde du livre. A tel point que le livre frise actuellement une crise similaire à celle qui a frappé la musique il y a quelques années. Je ne pense pourtant pas que ces changements soient néfastes au monde du livre. En fait le numérique apporte même un certain renouveau.
Quid des modèles de l'édition ?
L'ancien modèle de l'édition (qui reste en grande partie le système courant) se contente de mettre à disposition des versions d'un livre, versions qui pouvaient être échangées, prêtées, vendues, or le nombre de livres en circulation reste toujours le même. Le numérique et internet changent la donne, vous voulez l'ensemble de la dernière rentrée littéraire ? Très bien il vous suffit d'aller la télécharger sur l'une des plateformes de téléchargement illégal, l'opération ne vous aura pris que quelques minutes. Mieux encore, un de vos amis a déjà acheté un livre qu'il vous plairait de lire, il n'a qu'à le copier pour vous en faire profiter. Ce qui change c'est que là où une seule personne à la fois pouvait lire le livre, une infinité peut aujourd'hui se partager une copie d'un livre. Deux solutions s'offrent alors à l'éditeur :
- il peut décider de verrouiller son ouvrage à l'aide de DRM (Digital right management, des verrous numériques qui empêchent la copie de l'ouvrage), méthode qui selon moi n'apporte rien (l'utilisateur qui a payé se retrouve bridé, et perd le "contrôle de son ouvrage")
- Ou bien il met à disposition ces ouvrages et cherche un autre moyen de rémunération (et partant de tout façon sur le fait que les ouvrages seront un jour ou l'autre disponibles illégalement mais gratuitement).
Alors l'Open Édition c'est quoi ?
Et bien c'est tout simplement ce nouveau modèle d'édition qui consiste à diffuser gratuitement ces ouvrages et à trouver d'autres alternatives de financement. Le "Open" c'est ça, un accès ouvert, où tout le monde peut venir consulter. Reste alors la question de la rémunération, plusieurs méthodes existent à ce jours, s'éloignant plus ou moins de "l'open access" (libre accès). Le freemium par exemple est un accès complet mais limité. Vous pourriez avoir accès à l'ensemble des livres d'une maison d'édition être limité à 50 pages par jours : un compte premium lève cette restriction et permet à l'éditeur de générer un chiffre d'affaire. Le New York Times a adapté ce modèle à l'information en ligne, le site bloque l’accès à l'utilisateur au bout du 10e article lu, lui demandant de payer l'abonnement pour pouvoir en lire d'avantage. Une seconde solution consiste à rendre l'accès en ligne ouvert à tous et de ne faire payer que le téléchargement. C'est le modèle proposé par la plateforme OpenEdition spécialisée en sciences humaines. Ces différents modèles privilégient deux types d'utilisateurs, l’utilisateur ponctuel (qui n'est généralement pas le public cible) et l'utilisateur régulier (le public cible qui viendra acheter l'abonnement Premium)
Ces modèles économiques sont testés aujourd'hui, tandis que d'autres, nouveaux dans leur genre, sont expérimentés chaque mois. Et même si l'on ne possède pas assez de recul pour dire si ce sont des modèles viables ou pas, il n'en demeure pas moins que les anciens modèles vont rapidement trouver leurs limites... L'open édition restant l'une des solutions disponibles aux éditeurs pour évoluer.