Projet pro Audrey

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Révision datée du 25 novembre 2015 à 12:21 par AudreyPaillard (discussion | contributions) (lettre de cadrage)
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Mon projet professionnel n'est pas encore défini précisément. J'ai envie de me tourner vers la recherche en innovation pédagogique, certes, mais le domaine est vaste et je cherche encore mon angle d'attaque. j'ai rédigé une lettre de cadrage reproduite ci-dessous qui reprend et développe l'une des formes d'innovation dans l'école par le design sur laquelle j'ai eu la chance de pouvoir travailler. Il se trouve que ce projet n'avait pas abouti, à mon grand regret. J'ignore si ce projet nommé "Formats de cours" pourra voir le jour concrètement, je pense sincèrement qu'il est porteur.

lettre de cadrage : Formats de cours

La présente lettre de cadrage décrit un projet innovant qui fait suite au travail mené au collège Jean Rostand de Saint-Chamond dans le cadre du projet « Innover dans l’école par le Design », en lien avec la Cité du Design.

1/ De l’idée au projet

Les emplois du temps des élèves du secondaire, comme ceux de leurs enseignants, sont divisés en blocs de 55 minutes, 1h30 ou 2h. Ce format fixe est répétitif et monotone pour les élèves, partitionnant les journées de cours à l’identique de septembre à juin. De plus, l’attention des apprenants diminue progressivement au fil de l’heure sur les formats dits « longs » (1h30 ou 2h). Si l’on souhaite créer du dynamisme et relancer l’intérêt des élèves, jouer sur la modularité des formats de cours et leurs dispositions sur la journée peut être un levier. Par ailleurs, si l’on se place du point de vue de l’enseignant, les formats fixes sont sclérosants. En effet, le professeur doit calibrer son cours afin de le "faire rentrer" dans les plages horaires qui lui sont attribuées tout en variant les activités pour capter l'intérêt des élèves mais aussi prévoir une mise en activité. En résumé : il cherche souvent comment « combler » le temps restant ou raccourcir une activité qui déborderait du temps qui lui est imparti. Le projet de "Format de cours" pose comme principe premier que le format du cours doit correspondre à ce que l'enseignant s'est fixé comme objectif final et non le contraire. Autrement dit, c'est le contenu qui doit créer le format et non un format de cours type qui doit décider du contenu. Si le format du cours devient variable en fonction de l'objectif visé, cela permet de briser la routine des blocs horaires fixes et de participer à la dynamique que souhaite impulser l'enseignant.

2/ Le projet : Formats de cours

a) Définition synthétique

Il s’agit de sortir du carcan routinier des emplois du temps fixés annuellement aussi bien pour les élèves que les enseignants. Comment ? En proposant des emplois du temps « modulables » composés de blocs variables de 15, 30, 45 minutes, 1h, 1h30 ou 2h sur lesquels les enseignants se positionneraient en fonction de leurs besoins et surtout des projets qu’ils souhaiteraient mener, le tout durant une période de trois semaines à un mois.

b) Caractéristiques essentielles

Après une première phase d’élaboration individuelle ou partagée d’une séquence d’enseignement (d’une durée d’environ trois à quatre semaines de cours), les enseignants d’une même classe sélectionneraient les modules horaires (de 15 min à 2h selon leurs objectifs) sur lesquels ils interviendraient auprès des élèves. A titre d’exemples : - Un format court, type 15 ou 30 min, se prêterait davantage à une sollicitation brève mais plus intense de l'attention des élèves, notamment : • une lecture offerte, un contrôle rapide ; • rebondir sur l'actualité : un retour sur un fait divers qui nécessite une mise au point avec les élèves sur les tenants et les aboutissants ; • faire entrer davantage le numérique dans l'école par le biais de médium variés : visionnage d'un extrait de film, d'archives, témoignage d'intervenants extérieurs ou bien un "skype" avec un auteur, un journaliste... - Un format un peu plus long permettrait à l'inverse, de façon ponctuelle, un cours à deux enseignants, des activités d’écritures longues, l'élaboration d'un projet dans sa globalité, de sa conception à sa réalisation en favorisant l'autonomie des élèves, le "faire".

c) Prérequis

Le préalable à la réalisation d’un tel projet est naturellement l’accord du chef d’établissement sur son lancement. Par ailleurs, afin de tenir compte des obligations statutaires en termes de temps de travail, la réalisation d’un tel projet nécessite l’annualisation des heures effectuées par les enseignants volontaires et validées préalablement par le Rectorat de Lyon (soit, par exemple, 648h annuelles à répartir sur les 36 semaines de cours dans le cas d’un professeur certifié du secondaire relevant d’un service de 18h hebdomadaire). Il est précisé ici qu’un rapport de la Cour des Comptes du 4 mars 2015 préconise justement le principe d’une annualisation des heures au sein des établissements du secondaire.

d) Motifs ayant conduit à élaborer ce projet :

• Permettre davantage de modularité afin de réduire la fracture entre les nouvelles générations d’élèves et le modèle traditionnel de l’école qui segmente les enseignements en horaires fixes, salles fixes, installations ou mobilier fixes… ; • Relancer la dynamique des apprentissages en proposant une pédagogie de projets qui se renouvellent et favorisent la participation active des élèves ; • Favoriser l’interdisciplinarité en donnant les moyens aux enseignants de travailler ensemble sur des projets assez courts. Deux bénéfices visés : les projets relèveraient ainsi des choix personnels des enseignants (et non d’obligations institutionnelles associant contre leur gré des enseignants) et les projets courts seraient plus dynamiques donc moins lassants pour les élèves ; • Libérer l'initiative du professeur et sa capacité à s'adapter, rebondir, saisir les opportunités pour rendre son cours réellement vivant, captivant, unique et propre à un groupe donné à un instant donné ; • Créer une dynamique de groupe, de classes, afin de ne pas limiter les innovations pédagogiques à des initiatives individuelles d’enseignants ; • Optimiser l’occupation des salles dites « spécialisées » (salle informatique, théâtre, CDI …) grâce aux petits formats de cours qui démultiplient les plages horaires disponibles.

3/ Les objectifs

a) Techniques

Ce projet se fixe comme objectif principal de permettre un regain d’intérêt de la part des élèves pour les activités liées aux différents apprentissages qui leur sont proposés dans le secondaire. Afin d’évaluer au mieux la réussite du projet, certains indicateurs seront mesurés au fil de l’expérimentation, notamment : • le taux d’absentéisme ; • La participation orale ; • Les productions élèves écrites et orales : respect des étapes de rendu intermédiaire et final, respect des délais, qualité des productions, investissement personnel de l’élève caractérisé ou non ; • Le climat dans la classe.

L’objectif second concerne les enseignants : élaborer des séquences pédagogiques fonctionnant sur la variation des formats de cours permet de gagner en efficacité et de relancer …

Une enquête de satisfaction sera réalisée à cinq mois auprès des élèves de la classe, de leurs parents et des enseignants porteurs du projet. Les informations collectées permettront d’identifier ce qui aura bien ou peu fonctionné afin d’apporter toutes rectifications nécessaires et d’apprécier le ressenti personnel de tous les participants. Cette enquête fera l’objet d’une synthèse communiquée en interne au chef d’établissement ainsi qu’à tous les participants.

b) Délai

Après une première phase de « démarchage » de l’établissement volontaire entre janvier et avril 2016, le projet « formats de cours » pourrait être mis en place dans cet établissement dès la rentrée 2016-2017. Ce projet pourrait ainsi s’inscrire parfaitement dans la continuité de l’obligation faite aux établissements du second degré d’appliquer la refonte des programmes scolaires dès la rentrée 2016, refonte qui prône également l’interdisciplinarité et la pédagogie de projets. Un bilan global de l’expérimentation, réalisé fin juin 2017, servira de base pour décider, ou non, lors des journées de préparation de la rentrée 2017-2018, d’élargir la pratique à une autre classe ou mieux encore à un niveau complet (le niveau sixième par exemple).

c) Coût

• Coût direct : nul (coûts constants correspondant à la rémunération statutaire des enseignants) • Coûts indirects : rémunération complémentaire des enseignants participants (réunions préparatoires, concertations, réunions d’étapes, de bilans…) par attribution d’heures supplémentaires laissée à la discrétion du chef d’établissement.

4/ La technique

a) La base sur laquelle s’appuie le projet

Ce projet, qui a été proposé au sein du collège Jean Rostand en 2014-2015 puis décliné en propositions de séquences d’enseignement, n’est resté qu’à l’état de projet dans cet établissement puisque la phase d’expérimentation prévue dès septembre 2015 a été annulée. Afin de « transplanter » ce projet dans un autre établissement, il est nécessaire de travailler à l’élaboration des emplois du temps « modulables » : comment les mettre en place ? Comment conjuguer ce fonctionnement atypique d’une part et un fonctionnement classique pour la majorité des autres enseignants et élèves d’autre part ? Des pistes d’agencement des emplois du temps avaient ainsi été proposées au principal adjoint du collège Jean Rostand (baliser des demi-journées dédiées aux projets ; rassembler les différents formats de cours sur des barrettes horaires de deux ou trois heures décomposables en plus petits segments en fonction des demandes…). Ce process serait à reproduire au sein de l’établissement volontaire. Par ailleurs, une telle organisation s’appuie sur la mise en place d’une plate-forme dédiée, par exemple sur l’Espace Numérique de Travail (ENT) de l’établissement, qui permettrait aux enseignants de visualiser les modules-horaires disponibles par périodes (rappelons qu’une période correspond à une séquence d’enseignement, à savoir trois ou quatre semaines environ). Ainsi, ils pourraient s’inscrire et réserver aussi bien les modules-horaires que les salles spécialisées qui correspondent à leurs besoins. Il existe déjà des dispositifs assez semblables sur les ENT des collèges notamment, via Cybercollège42 par exemple, permettant aux enseignants de visualiser et d’indiquer les réservations qu’ils souhaitent pour la salle informatique par exemple, les sorties éducatives, les réunions… Il serait donc relativement aisé de s’inspirer de l’existant et de l’adapter pour qu’il corresponde aux besoins décrits ci-dessus.

b) Les difficultés principales de ce projet

• Parvenir à convaincre un chef d’établissement de « parier » sur ce projet ; • rassembler une équipe motivée suffisante pour le lancer. Par expérience, j’ai conscience que le corps enseignant n’est pas toujours enclin à la prise de risques : accepter de se mettre en danger devant les élèves et sortir de sa zone de confort peuvent décourager certaines bonnes volontés. L’équipe constituée doit être une équipe stable car il faut un noyau dur qui puisse travailler au moins sur une année scolaire entière et si possible davantage pour ensuite convaincre de nouveaux volontaires et peut-être enfin essaimer. Il faut en effet du temps pour asseoir une pratique, l'évaluer et l'améliorer avant peut-être d'envisager l'étendre ; • faire accepter le principe d’annualisation des heures de l’équipe enseignante volontaire par les services du Rectorat de Lyon ; • résoudre les difficultés liées à la cohabitation de deux fonctionnements différents au sein d’un même établissement : les heures annualisées pour les volontaires et le fonctionnement traditionnel des 18h hebdomadaires.

c) Les solutions de repli en cas de refus

Si le projet « Formats de cours » n’emporte pas l’adhésion du Principal du collège Ennemond Richard à Saint-Chamond, il est bien évidemment possible de le proposer à un autre collège ou lycée du département ou encore aux organismes en charge de la formation des futurs et jeunes enseignants (ceux dont on va attendre justement qu’ils fassent preuve de créativité et d’appétence pour l’innovation pédagogique).

5/ Le planning

a) Les dates clés

• Février 2016 : présentation du projet à la principale du collège Ennemond Richard • Mars 2016 : prise de contact avec les enseignants intéressés par le projet • Mai 2016 : constitution définitive de l’équipe impliquée sur le projet • Juin 2016 : élaboration des projets qui débuteront l’année scolaire 2016-2017 en septembre (soit une séquence d’enseignement prête et validée pour chaque professeur volontaire) • Septembre 2016 : début de l’expérimentation dans une seule classe, si possible du niveau sixième (il est plus aisé d’impulser le changement auprès de collégiens qui n’ont pas encore pris leurs marques au sein du collège) ou quatrième (niveau qualifié souvent de difficile où l’on sent plus nettement une démotivation certaine chez les élèves - élèves plus expérimentés donc plus à même de comparer les deux fonctionnements) • Février 2017 : enquête de satisfaction/première évaluation du dispositif • Juin 2017 : bilan de l’expérimentation.

b) Les grandes phases du planning

• Phase de transplantation du projet : - Demande de l’accord de principe de l’équipe « Innover dans l’école par le Design » pour reprendre le projet, l’adapter et le transplanter dans un autre établissement ; - Prise de contact et présentation du projet au chef d’établissement d’un collège de la Loire puis à l’ensemble des enseignants du collège (ou seulement à ceux identifiés comme potentiellement intéressés par le chef d’établissement) ; • Phase de conception des séquences pédagogiques et des modules : - Validation de l’équipe volontaire et début des réunions de travail ; - Elaboration (premières séquences d’enseignements et organisation des emplois du temps) de la première période (sept/mi-oct 2016) - Validation par l’équipe de direction; • Phase de mise en œuvre du projet en septembre 2016 ; • Phase d’évaluation et de bilan du projet (Evaluation du projet à 5 mois puis bilan à la fin de l’année scolaire).

6/ Les moyens

a) Humains

• Une équipe de plusieurs enseignants d’une seule et même classe afin de démarrer l’expérimentation ; • Le soutien hiérarchique du Principal pour inscrire légalement le projet et le soutenir auprès des services du Rectorat de Lyon ; • Le soutien logistique du Principal adjoint (construction des emplois du temps et comptabilité des heures effectuées).

b) Matériels

• Une plate-forme sur l’ENT de l’établissement ; • Une salle de réunion disponible pour les concertations au sein de l’équipe enseignante volontaire. Financiers • Une enveloppe d’HSE (Heures Supplémentaires pour les Enseignants) correspondante aux différentes coordinations nécessaires à la mise en place du projet pourra être débloquée par le chef d’établissement.

7/ Le management du projet

a) Le responsable

S’il parait difficile d’envisager un seul responsable de projet dès lors que ce scénario ne peut être opérationnel que s’il est porté par plusieurs enseignants, l’équipe d’enseignants volontaires doit pouvoir identifier une personne référente. A ce titre, et uniquement lors de la phase de mise en place, je peux être désignée comme la responsable du projet dans la mesure où j’en assurerai le pilotage. Mon rôle sera avant tout d’accompagner les enseignants dans leur démarche pédagogique, à savoir : • Me rendre disponible pour répondre aux interrogations soulevées par la mise en place d’un tel dispositif ; • Leur communiquer la séquence d’enseignement que j’ai personnellement élaborée (dans ma discipline, français) afin de présenter un exemple concret pouvant servir de base à adapter en fonction des projets et des particularités de chaque discipline ; • Identifier avec eux les modules horaires qui pourraient correspondre le mieux à leurs objectifs intermédiaires et finaux et aider à la répartition de ces modules au sein de l’équipe pour la première période (de septembre à mi-octobre 2016). Au besoin, faire les arbitrages nécessaires ; • Organiser à échéances régulières des réunions de toute l’équipe engagée afin d’identifier les points d’achoppement, les difficultés et tenir une sorte de carnet de bord de l’expérimentation dans le but de son évaluation finale.* • Faire la liaison avec l’équipe de direction ;

b) Le rôle de chaque membre de l’équipe encadrant le projet

Le rôle de l’équipe enseignante : • Proposer des séquences d’enseignement fonctionnant sur le principe de la variation des formats de cours ; • Travailler de concert pour répartir les modules horaires en fonction des besoins de chacun ; Le rôle de l’équipe de direction : • Le Principal adjoint apportera son soutien logistique en matière de construction des emplois du temps ainsi que pour tenir la comptabilité exacte des heures effectuées par chaque enseignant au fil des semaines (et vérifier ainsi que le volume horaire total dû par chaque enseignant sera respecté). • Le Principal de l’établissement s’assurera que l’expérimentation respecte les obligations et statuts de l’éducation nationale.

8/ La communication

a) Interne

Lors de la mise en place de la première période, il est nécessaire que la direction, le responsable du projet ainsi que tous les enseignants volontaires aient validé ensemble le fonctionnement. Par la suite, les enseignants volontaires seront en contact presque quotidien puisqu’ils travaillent au sein du même établissement. Ils pourront donc échanger facilement afin de faire circuler les informations. Au sein de l’établissement, des affichages et/ou expositions des travaux réalisés par les élèves pourront être mis en place afin de valoriser les actions menées dans cette classe expérimentale.

b) Externe

Afin d’ancrer ce projet dans les technologies numériques, un onglet spécifique sur le site de l’établissement sera créé et alimenté par le responsable mais aussi par les différents acteurs (enseignants, élèves concernés…). Il pourra fonctionner comme un journal de bord de l’expérimentation, relatant les interrogations peut-être mais surtout les répercussions identifiables sur l’ambiance de travail, le travail fourni… Par ailleurs, un porte folio des différents projets menés dans cette classe « expérimentale » sera consultable sur le même onglet afin de promouvoir les actions et les réalisations des élèves.